Ma peinture vue par ...


La Triangulaire  de l'humain, voilà ce que Ghislaine Ferreira s’attache à peindre à travers ses modèles .

Nous existons tous à travers 3 dimensions : l’être intime, l’être image, l’être perçu.
Ghislaine juxtapose ces trois êtres dans chacun de ces tableaux  avec suffisamment d’humanité pour que le regardant puisse librement ajuster son regard sur le sujet et ajuster la troisième dimension selon sa propre humanité.

L’être intime : celui que nous croyons être au plus secret de nous ,construit  par nos craintes, nos angoisses, nos plaisirs, nos espoirs, nos envies … nous savons que ces pulsions sont notre ADN, notre unicité et notre faiblesse. C’est l’être de vérité, c’est l’être d’existence .

L’être image : celui que nous voulons afficher aux autres  comme un modèle que nous croyons être le plus en adéquation avec la situation. Celui qui nous permet de protéger  l’être intime en toute circonstance (et qui pourtant est parfois si éloigné du premier)…c’est l’ être de circonstance changeant au gré des situations et de la confiance ou du regard que l’on veut obtenir de l’autre .

Enfin l’être  perçu : celui que nous voulons montrer  (construit souvent à partir de ce que nous croyons cacher) va s’afficher aux regards des autres. Ce  troisième être nous échappe parfois  IL apparait à travers le regard de l’autre, il devient celui que les autres croient connaitre, apprécier, détester …  celui dont ils parlent.

Pour chacun d’entre nous la vie vient en permanence accroitre l’écart entre ces 3 êtres qui se juxtaposent tout au long de notre existence.  Les bleus à l’âme venant à chaque épreuve ou joie  renforcer cette distance.

Ce personnage peint  est-il  désespéré, ou simplement fatigué ? abandonné ou perdu ? lascif ou hautain ? bourreau  ou  victime, le spectateur en décidera selon l’émotion que son regard posé sur la toile fera naitre en lui.

Ghislaine joue subtilement de cette triangulation et ajoute la possibilité  au spectateur de coller sa propre complexité, sa propre triangulation lorsqu’il s’arrête devant une toile ….

 
Jean - Claude Ferreira